2014

Du 1er février au 28 février Marcel et Ninon, séjourne à Deerfield Beach en Floride. Ils arrivent à l’aéroport vers 8 heures, ils ne parviennent à retrouver leur condo que tard en soirée. Ce n’est que le lendemain matin que Marcel découvre le jardin fleuri et la terrasse extérieure qu’il transforme aussitôt en atelier de fortune. En faisant les courses au supermarché le lendemain matin, Marcel remarque un magasin de matériaux d’artistes où il s’approvisionnera régulièrement durant son séjour. Il réalise alors les séries de tableaux : Passage radieux, Embrassement du jour, Les Ponts-Levis ainsi que Estrans et rivages dont les titres s’inspirent de la vie quotidienne en Floride. Entre les séances de peinture et les promenades pieds nus sur la plage, les Barbeau partent en quête des rares commerces d’épiceries fines de la région, ce qui les oblige à des déplacements quotidiens de plusieurs kilomètres. Ils découvrent ainsi un pêcheur-poissonnier, un commerçant de vins et fromages et un boucher italien où ils pourront assouvir leurs plaisirs gourmands.

En juin, Marcel Barbeau accompagné de son épouse se rend à Québec pour la remise de l’Ordre du Québec à sa fille Manon. À leur retour, ayant offert à Manon, de créer une sculpture pour célébrer sa dernière distinction honorifique en même temps que son anniversaire, il élabore une série de maquettes en bois. Toutefois, soucieux de la pérennité de son œuvre, il décide plutôt de produire un projet en métal de deux mètres de haut. Il rencontre Journault-Jourplex inc., un artisan en métal pour discuter de la réalisation de ce projet. Les nombreux voyages de sa fille repoussent cependant la mise en production et l’installation de la sculpture à l’été suivant.

Marcel Barbeau travaillant dans son atelier.  6 mars 2014.  Photo: Marie-Eve Tanguay
Marcel Barbeau travaillant dans son atelier.
6 mars 2014.
Photo: Marie-Eve Tanguay

Ennuyé par des problèmes d’hypersialorrhée, Barbeau consulte un médecin qui lui recommande d’avoir recours à des d’injections de toxine botulique de type A (botox). Malgré le fait que ce traitement est couramment utilisé pour contrevenir ce désagrément, de sévères problèmes de déglutition surviennent suite à cette intervention ce qui provoque l’hospitalisation de l’artiste. Du 20 juillet au 12 août, Barbeau est contraint de demeurer à l’hôpital Général de Montréal. S’ennuyant de son atelier qu’il a dû quitter en pleine production d’une nouvelle série de toiles pour laquelle il éprouvait beaucoup d’enthousiasme, le peintre réclame sa sortie et tente de récupérer malgré les graves difficultés d’alimentation qui l’affectent. Espérant que cela accélérera son retour à la maison et à l’atelier, il accepte de subir une gastrostomie.

De retour à son domicile quelques jour après cette intervention, il est suivi par Monique Bouchard la nutritionniste du CLSC de Verdun qui l’encourage à croire en sa réadaptation. Grâce à son intervention, il est admis à l’Institut gériatrique où en quelques semaines, on l’autorise à reprendre partiellement une alimentation adaptée. Le lendemain de son retour à table, à la fin septembre, il retrouve enfin ses pinceaux et termine la série de tableaux qu’il avait entreprise avant son hospitalisation. En octobre,  il commence une série de petits tableaux, où il associe des systèmes tachistes assez réguliers à des projections et des giclés. À la fin octobre, la galerie Chauvy présente ses œuvres à la Foire Art Élysée. Sa santé étant encore trop fragile pour un aussi long voyage en avion, il renonce à y assister.

Le 10 novembre, il est enfin autorisé à abandonner les purées pour une cuisine de texture variée. Constatant un retour d’énergie, Ninon consent finalement à s’absenter quelques jours pour tenir à Toronto l’assemblée générale annuelle d’AICA qu’elle préside  depuis 2010. Marcel requérant encore des soins attentifs, le couple convient que la résidence Symphonie, où des amis résident depuis quelques mois, pourrait  représenter une solution temporaire acceptable. L’assurance qu’il pourra se rendre à l’atelier quotidiennement en taxi à partir de cette résidence facilite cette décision. Ainsi, Barbeau retrouve son assistante Marie-Ève Tanguay tous les matins et peint plusieurs petits tableaux. Cependant, c’est un époux épuisé par un manque de sommeil et d’alimentation que Ninon retrouve à son retour à Montréal. Sa perte de poids et d’énergie entraîne une chute nocturne quelques jours après le retour des Barbeau à la maison. Une petite blessure à la tête, provoquée par cette chute, les conduit à l’urgence de l’hôpital de Verdun. Toutes les radiographies et scans ne révèlent aucun traumatisme. Mais on décide de prolonger son hospitalisation par mesure de sécurité. On modifie alors complètement sa médication, ce qui entraîne un retour de la dysphagie. Puis, il développe une grave pneumonie par aspiration consécutive à l’absorption d’une nourriture trop caoutchouteuse qui lui était strictement interdite par l’équipe de dysphagie de l’institut universitaire de gériatrie de Montréal, lors de son dernier rendez-vous de novembre 2014. Sa vie est alors gravement mise en danger. Sa fièvre persistant, on le transporte dans l’aile des malades en isolement, craignant qui soit atteint d’influenza.

Lorsque le danger est écarté par les tests, on permet à Barbeau de participer au diner familial traditionnel du 25 décembre et de retrouver temporairement ses proches. Pour faciliter sa participation à l’évènement on décide d’organiser la fête dans l’atelier du peintre métamorphosé par un arbre et des décorations de Noël réalisés avec l’aide de sa fille Manon, son petit-fils Manu et de leurs conjoints. Le soir même, il doit cependant retourner à l’hôpital, son congé étant terminé.

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