2012

En janvier-février-mars, Barbeau produit sa murale dans les ateliers d’Axis Peinture qu’il visite régulièrement pour en superviser la réalisation.

Parallèlement, Ninon Gauthier, commissaire de l’exposition, Marcel Barbeau, Escapade dans les Laurentides au Musée d’art contemporain des Laurentides, travaille à la rédaction du catalogue et sa publication tout en finalisant le plan d’accrochage. Marcel l’accompagne à chacune de ses visites au Musée pour donner son avis et son accord. Le design du catalogue, abondamment illustré est réalisé par la designer graphique Carole Aumais, nièce de l’artiste. Une estampe et une affiche, produites par l’imprimeur Robert Bellemare sont publiées à cette occasion. L’exposition regroupe une soixantaine d’œuvres allant des années quarante aux années deux-mille exprimant les liens profonds et prolongés que l’artiste entretient avec la région laurentienne depuis son adolescence. On y présente aussi de nombreuses œuvres provenant de collections laurentiennes dont certaines ont été acquises lors de ses expositions antérieures dans la région.

Exposition Escapade dans les Laurentides au Musée d'art contemporain des Laurentides. 2012.

Exposition Escapade dans les Laurentides au Musée d’art contemporain des Laurentides. 2012.

Le vernissage de cette exposition se tient le 24 février au Musée d’art contemporain des Laurentides. Marcel Barbeau et Ninon Gauthier assistent à cet après-midi de lancement où ils prononcent un court discours de remerciement et de présentation. Barbeau produit ensuite une de ses performances vocales abstraites qui ne manque pas d’étonner et d’enchanter le public. Plusieurs artistes que Barbeau avait connus, lorsqu’il était président de la Fédération des artistes en arts visuels, sont présents, tout comme un certain nombre de collectionneurs et amateurs d’art de la région et de Laval. Durant l’exposition, le couple retourne au Musée pour participer à une causerie sur l’œuvre de Marcel Barbeau et sa relation avec les Laurentides ainsi que pour une séance de photos par Robert Etchevery. Il y rencontre également des enfants de la région dans le cadre d’ateliers créatifs.* À la fin mars, Marcel Barbeau est l’invité d’honneur au souper-bénéfice du Musée d’art contemporain des Laurentides sous la présidence de Christine St-Pierre, alors ministre de la Culture.

En mars, la nouvelle conservatrice de la galerie TD du Festival de jazz à Montréal, Éliza Motar, communique avec Ninon Gauthier pour lui annoncer que son projet d’exposition solo de Marcel Barbeau est retenu. Prévue pour octobre 2012, l’exposition présentera principalement la production récente de l’artiste autour d’une problématique liée au jazz :  Mouvements, rythmes et accords.

À la même période, Marcel Barbeau engage Marie-Ève Tanguay qu’il a connue à la galerie d’art Michel-Ange pour devenir son assistante avec laquelle il travaillera quotidiennement. Ayant une formation en histoire de l’art, cette dernière veille d’abord à l’inventaire et à la conservation des peintures et des œuvres sur papier à l’atelier et sera ensuite associée à plusieurs autres projets.

Sous le conseil d’amis et de collectionneurs d’œuvres d’art, Ninon Gauthier décide de coordonner à nouveau la candidature de Marcel Barbeau au Prix du Gouverneur général et Prix Paul-Émile-Borduas. Elle entreprend des démarches auprès de diverses spécialistes susceptibles de soutenir ou d’appuyer la candidature l’artiste.

Murale de Marcel Barbeau, Les angles du regards (2012), École des métiers de la construction de Mtl. Photo : Robert Etchevery

Murale de Marcel Barbeau, Les angles du regards (2012), École des métiers de la construction de Mtl.
Photo : Robert Etchevery

Dès avril, Patrick Roy, sous la supervision de Marcel Barbeau, peut entreprendre la réalisation de lambris de pin de la murale pour l’École des métiers de la construction. À la fin avril, la murale est installée. Malheureusement, la commission scolaire n’ayant pas les fonds suffisants, la première et seule commande publique de l’artiste ne sera jamais inaugurée officiellement.

Le 12 avril 2012, s’ouvre au Musée d’art contemporain de Montréal, la grande exposition La question de l’abstraction qui se tiendra jusqu’au 14 septembre 2014. Deux œuvres historiques magistrales de Marcel Barbeau y sont présentées : Le tumulte à la mâchoire crispée (1946) et Rétine virevoltante (1966). « [Cette exposition], à la fois historique et thématique, réside dans la possibilité de proposer un corpus multidisciplinaire (peinture, sculpture, dessin, photographie et vidéo), illustrant le spectre élargi des ramifications plastiques reliées à l’expression de l’abstraction. Le vaste panorama ainsi délimité, s’étendant sur sept décennies (1940-2010), privilégie le volet québécois de la Collection, en signalant toutefois, de manière ponctuelle, des rapports pertinents avec la scène canadienne et internationale. »[1]

Au cours du printemps, Éliza Motar et Denyse McCann (Vice-présidente des opérations chez Spectra) rencontrent Barbeau à son atelier pour procéder à la sélection des œuvres de l’exposition à la Maison du Festival de Jazz. Il est convenu que bien qu’il n’y ait pas de catalogue prévu, Spectra publiera un guide de l’exposition sous forme de dépliant.

L'artist Marcel Barbeau et le commissaire Roald Nasgaard. Devant la banière de l'exposition The Automatiste Revolution ayant lieu à la Art Gallery of Alberta. Tableau reproduit sur la banière : Rosier-feuilles de Marcel Barbeau.

L’artist Marcel Barbeau et le commissaire Roald Nasgaard devant la banière de l’exposition The Automatiste Revolution ayant lieu à la Art Gallery of Alberta.
Tableau reproduit sur la banière : Rosier-feuilles de Marcel Barbeau.

En juin, sachant qu’il prévoit se rendre en Alberta, pour assister au vernissage de l’exposition The Automatist Revolution, à l’Art Gallery of Alberta à Edmondton, Jacek Maleck de la The Triangle Gallery (en voie de devenir le MOCA de Calgary) invite le couple à donner une conférence dans ses locaux. Lors de leur séjour à Calgary, Marcel Barbeau et Ninon Gauthier donnent une nouvelle conférence en duo au Musée d’art contemporain de Calgary dans laquelle ils situent l’œuvre de Barbeau et son évolution fulgurante dans le contexte de son engagement initial automatiste. Puis ils se rendent à Edmonton pour assister au vernissage de l’exposition The Automatist Revolution, à l’Art Gallery of Alberta. Marcel Barbeau y donne une entrevue à la radio et à la télévision locale. Le couple en profite pour faire le tour des expositions en cours dans la ville et s’arrêter dans quelques restaurants leur ayant été recommandés, dont celui du Musée où a lieu un dîner officiel après le vernissage.

En juillet, Barbeau est invité de nouveau à participer à des concours d’art public pour les nouveaux CUSUM et CHUM. On retient sa candidature en présélection pour ce dernier projet. Il travaille à la maquette avec Kim Landry, dont il avait apprécié le sérieux et l’enthousiasme. Il ne sera toutefois pas sélectionné pour ces projets.

En août, un appel téléphonique du Conseil des arts du Canada informe Marcel Barbeau qu’il est le récipiendaire du Prix du Gouverneur général en arts visuels et médiatiques 2013.

À la fin septembre, la galerie Michel-Ange contacte Marcel Barbeau et Ninon Gauthier pour leur proposer un projet d’exposition à caractère rétrospectif rendant hommage à l’artiste qui recevra officiellement en mars, le Prix du Gouverneur général. L’exposition est prévue pour du 21 avril au 17 mai.

51qe51Mj+NL.SX258_BO1,204,203,200Le 12 octobre 2012, l’exposition L’art en guerre – France 1938-1947 – De Picasso à DuBuffet prend son envol au Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Réunissant près de 400 œuvres et plus de 100 artistes, cette grande exposition, met en lumière «comment, dans un contexte menaçant d’oppression et de pénurie […], les artistes ont modifié en profondeur le contenus et les formes de l’art en France. »[2]  Une cours volet est consacrée à l’exposition des Automatistes québécois à la galerie du Luxembourg en juin 1947. La section regroupe des œuvres de Paul-Émile Borduas, Jean-Paul Riopelle, Fernand Leduc et de Marcel Barbeau qui ont tous également vécus et peints à Paris, ultérieurement. L’aquarelle de Barbeau, intitulée Nadja 2, est donc présentée dans cette prestigieuse exposition d’envergure internationale. L’artiste qui prévoyait se rendre à Paris pour assister au vernissage a dû renoncer au voyage suite à des problèmes de santé et une hospitalisation prolongée causée par une grave erreur médicale.

Le 24 octobre s’ouvre l’exposition solo de Barbeau à la galerie TD Lounge de la Maison de Festival de jazz.

Vue de l'exposition Mouvements rythmes et accords à la Maison du festival de Jazz. Sur la photo la toile intitulée Les yeux au creux de l'ombre s'embrassent dans la nuit et la sculpture Dualité. 2012. Photo : Robert Etchevery

Vue de l’exposition Mouvements rythmes et accords à la Maison du festival de Jazz. Sur la photo la toile intitulée Les yeux au creux de l’ombre s’embrassent dans la nuit et la sculpture Dualité.
2012.
Photo : Robert Etchevery

Sous le titre Mouvements, rythmes et accords, l’exposition présente un ensemble d’œuvres picturales et sculpturales inédit témoignant du lien intrinsèque qu’entretient le langage artistique de Barbeau avec l’univers musical. Bien que l’influence musicale chez Barbeau prend plusieurs avenues et ne cesse de se renouveler, l’expression du mouvement demeure tout au long de ses explorations créatives un enjeu central, comme il était démontré dans la thèse de doctorat de Ninon Gauthier. À peine sortie de l’hôpital, encore très affaibli, Barbeau assiste au vernissage et donne des entrevues aux médias. Se poursuivant jusqu’au 23 décembre, l’exposition est ponctuée, le 22 novembre, par une soirée d’improvisation jazz coordonné par Véronique Larcroix de l’Ensemble contemporain de Montréal. Un trio composé d’Éric Lagacé (contrebasse), Taury Bulter (clavier), et Jean-Pierre Zanella (saxophone) offre une brillante prestation sous le thème d’une improvisation vocale proposée par Marcel Barbeau. Ces événements à la galerie TD donnent l’occasion à l’artiste et à sa conjointe de revoir amis et famille et de rencontrer bon nombre d’amateurs d’art désireux de s’entretenir avec eux.

Au vernissage de cette exposition, Marcel Barbeau rencontre Alain Authier, un professionnel du voyage de Québec instigateur du Art Car Project, qui consiste à transposer une peinture d’un artiste réputé sur une Porsche 911. Alain Authier présente son concept à  Barbeau et lui offre de faire reproduire l’une de ses œuvres existante sur l’une de ses voitures par le peintre en carrosserie Yves Thibault ou  de réaliser un œuvre picturale en vue de cette transposition. Barbeau, qui a déjà peint une Volkswagen optique en 1965, est intéressé par le projet. Cependant, il pose comme condition de sa participation la création d’une nouvelle œuvre en utilisant comme support la forme de la Porche mythique. À cette fin, il demande au promoteur d’Art Car Project de lui fournir une Porche miniature comme support de manière à pour utiliser au mieux les volumes de la voiture. Alain Authier lui ayant déniché une maquette de la Porsche, il la lui apporte en février. C’est donc à partir de cette miniature, sur laquelle il appliquera différentes formes découpées dans du papier adhésif de couleurs qu’il concrétise ce projet au cours de l’hiver. La maquette sera ensuite amenée à l’atelier de Monsieur Thibault qui exécutera la peinture sur la véritable Porsche.

Le 8 novembre s’ouvre une autre exposition solo de Marcel Barbeau, cette fois à Ottawa à la galerie Jean-Claude Bergeron. La santé encore précaire de Barbeau l’empêche d’accompagner son épouse au vernissage. L’exposition présente une quinzaine d’œuvres et se prolonge jusqu’au 25 novembre 2012.

Le 11 décembre a lieu la prise de photo officielle pour le Prix du Gouverneur général à l’atelier de Marcel Barbeau par le photographe Martin Lipman.

Les Barbeau passent les fêtes de Noël en famille.

[1] Musée d’art contemporain de Montréal, La question de l’abstraction, [En ligne] http://www.macm.org/expositions/la-question-de-labstraction/ [Page consultée le 10-02-14]

[2] Musée d’art moderne de la Ville de Paris, L’art en guerre – France 1938-1947 – De Picasso à DuBuffet, [En ligne] http://www.mam.paris.fr/fr/expositions/l-art-en-guerre-france-1938-1947 [Page consultée le 10-02-14]